Elbphilharmonie Hamburg. L’Elbphilharmonie, construite par-dessus l’ancien entrepôt Kaispeicher A sur les quais Sandtorhafen, comprend trois salles de concert, 45 appartements et un hôtel.
x
Elbphilharmonie Hamburg. L’Elbphilharmonie, construite par-dessus l’ancien entrepôt Kaispeicher A sur les quais Sandtorhafen, comprend trois salles de concert, 45 appartements et un hôtel. © Elbphilharmonie, Thies Raetzke
N° 126 - Été 2018

Herzog & de Meuron la stratégie de l’aïkido

Les architectes bâlois Herzog & de Meuron ont bâti une réputation internationale sur une approche intelligente et novatrice de la modernité.

Elbphilharmonie Hamburg. Inaugurée le 11 janvier 2017, l’Elbphilarmonie fait partie d’un vaste projet urbain baptisé HafenCity, implanté sur la péninsule de Grasbrook dans l’ancien port de Hambourg.
x
© Elbphilharmonie, Thies Raetzke 
Elbphilharmonie Hamburg. Inaugurée le 11 janvier 2017, l’Elbphilarmonie fait partie d’un vaste projet urbain baptisé HafenCity, implanté sur la péninsule de Grasbrook dans l’ancien port de Hambourg.

Certains noms suisses, tels Nestlé ou Novartis, ont pris une véritable consonance internationale, à tel point que l’activité de ces sociétés est devenue planétaire. En matière d’architecture, c’est aussi le cas d’Herzog & de Meuron, l’agence créée à Bâle en 1978 par Jacques Herzog et Pierre de Meuron. Aujourd’hui, les cofondateurs partagent la direction de l’agence avec Christine Binswanger, Ascan Mergenthalerand et Stefan Marbach, une quarantaine d’associés et 380 collaborateurs qui mènent à bien des projets en Europe, en Asie et aux Amériques. Dire qu’il y a un « style » Herzog & de Meuron serait inexact, car les architectes abordent chaque nouveau projet en fonction des exigences du site, de l’utilisation du bâtiment et du budget imparti. Passant avec aisance de l’échelle modeste d’une maison privée aux plus grands chantiers internationaux, Herzog & de Meuron appliquent surtout une logique implacable d’analyse et d’innovation à chaque projet. Plutôt qu’une approche stylistique, leur engagement s’exprime par une exigence intellectuelle, par la surprise architecturale ou structurelle et par une dialectique qui, somme toute, doit encore avoir ses racines profondes dans la Suisse natale des fondateurs. Lauréats du Pritzker Prize (2001), the RIBA Royal Gold Medal (2007) et du Praemium Imperiale la même année, Herzog & de Meuron font sans conteste partis de l’élite mondiale de l’architecture contemporaine.

L’attention de la presse internationale spécialisée s’est portée sur Herzog & de Meuron dans un premier temps pour des projets bien suisses, comme leur Entrepôt de Stockage Ricola à Laufon (1986-87). Cet entrepôt mécanisé pour sucre et herbes se distingue des autres structures similaires par un revêtement en Duripanel (panneaux d’aggloméré liés au ciment) avec une couche supplémentaire d’aluminium sur la face la plus exposée aux intempéries. Les éléments constitutifs du revêtement sont mis en évidence de manière à permettre de se rendre compte du principe de la construction. Pour justifier la conception du revêtement, les architectes ont avancé plusieurs arguments, tous inspirés par l’empilage des matériaux – des planches superposées pour sécher, des plaques en ciment ou encore des rayons de stockage tels qu’ils figurent à l’intérieur de l’entrepôt. D’une certaine manière, la fonction du bâtiment est clairement annoncée par son revêtement. Il y a ici une idée pleinement contemporaine, mais qui va déjà bien au-delà de l’approche réductiviste et souvent lissée des Modernistes.

Elbphilharmonie Hamburg. Vue depuis les eaux de la rivière Elbe, l’Elbphilarmonie donne l’impression de ressembler à un vaste paquebot qui relie ciel et terre, avec sa façade en verre et sa toiture en forme de vagues.
x
© Elbphilharmonie, Thies Raetzke
Elbphilharmonie Hamburg. Vue depuis les eaux de la rivière Elbe, l’Elbphilarmonie donne l’impression de ressembler à un vaste paquebot qui relie ciel et terre, avec sa façade en verre et sa toiture en forme de vagues.

Le poste d’aiguillage Auf dem Wolf à la gare de Bâle (1991-1994) est une autre des réussites précoces de l’agence. La structure en béton est revêtue de bandes de cuivre d’une largeur d’environ 20 centimètres qui sont tordues à certains endroits afin d’ad-mettre de la lumière. Si le revêtement en cuivre donne un aspect inattendu et plutôt monolithique à la tour, le choix de ce matériau est plus qu’esthétique puisque le cuivre forme une « cage de Faraday » qui protège les installations des nuisances électriques et électromagnétiques extérieures. Les six étages de l’immeuble ne sont pas apparents depuis l’extérieur et dans cet emplacement obligatoirement isolé parmi les voies ferrées, mais visible depuis tous les trains, le poste d’aiguillage devient un symbole de la ville, sculptural et néanmoins pleinement fonctionnel.

L’arrivée sur la scène internationale de l’agence bâloise date certainement de leur victoire dans le concours pour le réaménagement de l’ancienne usine électrique de Bankside à Londres en 1995.

56 Leonard Street. Cette tour dans le quartier Tribeca de New York, est, selon les architectes, un empilement de maisons individuelles, chacune conçue de l’intérieur vers l’extérieur, d’où une apparence irrégulière mais cohérente.
x
© Courtesy Herzog & de Meuron
56 Leonard Street. Cette tour dans le quartier Tribeca de New York, est, selon les architectes, un empilement de maisons individuelles, chacune conçue de l’intérieur vers l’extérieur, d’où une apparence irrégulière mais cohérente.
56 Leonard Street. Cette tour dans le quartier Tribeca de New York, est, selon les architectes, un empilement de maisons individuelles, chacune conçue de l’intérieur vers l’extérieur, d’où une apparence irrégulière mais cohérente.
x
© Courtesy Herzog & de Meuron

Le choix du jury pour l’architecture de la future Tate Modern, musée d’art contemporain, a été d’autant plus inattendu que les autres architectes sélectionnés pour la dernière phase du concours, Tadao Ando, David Chipperfield, Rafael Moneo, Rem Koolhaas et Renzo Piano étaient bien plus expérimentés que Herzog & de Meuron. Mais les réalisations « minimalistes » des Suisses correspondaient parfaitement à ce chantier, semble-t-il, où il était nécessaire de faire preuve d’une économie de moyens par rapport à l’envergure exceptionnelle du bâtiment (34 000 m²). Le directeur de la Tate, Nicholas Serota, a évoqué la « discrétion » des Suisses dans cette refonte d’une structure vaste et complexe dont ils ont pu garder l’esprit industriel d’origine malgré une modernisation radicale. Les architectes ont, quant à eux, fait référence à une « stratégie de l’aïkido, un art martial japonais « où on utilise l’énergie de l’ennemi à ses propres fins. Plutôt que de vous y opposer, vous prenez l’énergie et vous la canalisez d’une façon inattendue et nouvelle ». Inauguré en 2000, la Tate Modern est devenue un succès public en peu de temps, redynamisant par la même occasion tout le quartier de Southwark sur la rive sud de la Tamise.

Herzog & de Meuron s’est vu confier plus récemment une suite des travaux à la Tate Modern. Cette fidélité d’une institution muséale envers des architectes sur une période qui dépasse maintenant les vingt ans est un fait assez rare pour être signalé. Entre 2010 et 2012, les architectes ont réaménagé deux anciens réservoirs de mazout à Bankside pour en faire les Tanks, un espace de 5 800 m² dédié à l’art très contemporain. Ici encore, plus que dans l’ancienne usine électrique elle-même, Herzog & de Meuron ont privilégié le côté brut et industriel des installations d’origine. Encore plus récemment, la Tate a inauguré une extension à proximité de la structure d’origine (Switch House, 2005-2016). D’une hauteur de 64,5 mètres et de forme essentiellement pyramidale, cette dernière réalisation de Herzog & de Meuron double les surfaces d’exposition disponibles. Faisant appel à des façades en brique, souvent perforées afin de laisser pénétrer la lumière du jour de manière filtrée, la Switch House est à la fois solidement présente mais aussi respectueuse du bâtiment industriel d’origine.

Musée Unterlinden, Colmar. Après la rénovation du musée, deux groupes de bâtiments se font face sur une place. Une nouvelle structure en brique pour les expositions (Ackerhof) et une petite maison sont reliées aux anciennes structures au niveau souterrain.
Musée Unterlinden, Colmar. Après la rénovation du musée, deux groupes de bâtiments se font face sur une place. Une nouvelle structure en brique pour les expositions (Ackerhof) et une petite maison sont reliées aux anciennes structures au niveau souterrain. © Courtesy Herzog & de Meuron
1 / 3
Musée Unterlinden, Colmar. Après la rénovation du musée, deux groupes de bâtiments se font face sur une place. Une nouvelle structure en brique pour les expositions (Ackerhof) et une petite maison sont reliées aux anciennes structures au niveau souterrain.
© Courtesy Herzog & de Meuron
2 / 3
Musée Unterlinden, Colmar. Après la rénovation du musée, deux groupes de bâtiments se font face sur une place. Une nouvelle structure en brique pour les expositions (Ackerhof) et une petite maison sont reliées aux anciennes structures au niveau souterrain.
© Courtesy Herzog & de Meuron
3 / 3

L’Allianz Arena de Munich (2001-2005) met un accent inattendu sur l’illumination des volumes extérieurs de la structure, destinée à recevoir des matchs de la Coupe de monde FIFA en 2006. D’une capacité de presque 70 000 spectateurs, la structure est revêtue de 2 874 coussins d’air en EFTE (éthylène tetrafluoroéthylène) susceptibles d’être illuminés individuellement en blanc, rouge ou bleu. Cette matière laisse passer la lumière naturelle indispensable pour maintenir la pelouse. Utilisé uniquement pour le football, l’Allianz Arena bénéficie d’un système de gradins situés au plus près du terrain de jeu, que les architectes comparent au théâtre Globe de Shakespeare à Londres, qui est situé à Southwark, non loin de la Tate Modern.

Alors qu’ils avançaient sur l’Arena de Munich en 2002, les architectes ont emporté le concours pour le stade principal des Jeux olympiques de Pékin en 2008. Surnommé le Nid d’oiseau, en raison de sa structure porteuse externe en acier, le stade a offert une capacité de 91 000 places pour les Jeux (réduit depuis à 80 000 places). Les architectes insistent sur le fait que la structure vue de loin, au cœur des installations olympiques, forme un tout cohérent, qui se dissout lorsqu’on s’approche. « Ce que l’on perçoit de loin comme une configuration rationnelle et claire sur le plan géométrique s’évapore lorsqu’on avance vers le bâtiment, et se sépare en une vision des énormes composants individuels. Ces éléments prennent alors l’aspect d’un bosquet chaotique constitué de supports, de poutres et d’escaliers, presque comme une forêt artificielle. » L’agence Herzog & de Meuron réussit à Pékin la création d’une forme iconique, complexe mais entièrement logique sur les plans structurel et fonctionnel.

Plus récemment, les architectes de Bâle ont inauguré le Nouveau Stade de Bordeaux (2013-2015), un équipement qui a reçu plus de 42 000 spectateurs pour plusieurs matchs de l’EURO UEFA 2016, dont le quart de finale qui a opposé l’Allemagne à l’Italie le 2 juillet. Même s’ils jouent sur la substance de la structure, qui s’exprime par une certaine densité, comme c’était déjà le cas à Pékin, Herzog & de Meuron fait preuve ici d’une inspiration plus classique dans le bon sens du terme. « La pureté et une clarté géométrique donnent au Stade un aspect à la fois monumental et gracieux », selon ses concepteurs. « On pourrait être tenté par la comparaison avec un temple classique, mais à la différence du socle élevé d’un temple, ici les escaliers du stade font que la différence entre extérieur et intérieur s’estompe… La fusion des escaliers et des colonnes forme un geste d’ouverture et d’accessibilité », affirment-ils.

Suite à leur réalisation de la Tate Modern, Herzog & de Meuron fait naturellement partie de l’élite mondiale dans le domaine de l’architecture muséale. Un exemple probant, bien qu’à moindre échelle par rapport à celle de Londres, est la CaixaForum Madrid (2003-2008).

Stade de Bordeaux. Ouvert le 18 mai 2015, le nouveau Stade de Bordeaux avec ses 42 000 places, donne une impression de transparence et d’ouverture vers la ville, y compris la nuit.
x
© Courtesy Herzog & de Meuron
Stade de Bordeaux. Ouvert le 18 mai 2015, le nouveau Stade de Bordeaux avec ses 42 000 places, donne une impression de transparence et d’ouverture vers la ville, y compris la nuit.

Au centre de la ville près du Paseo del Prado, les architectes ont affronté un site occupé par une station essence et une ancienne centrale électrique. Conservant les façades en brique de la centrale, ils ont eu une idée très inattendue – ils ont tout simplement ôté la base de la centrale, afin d’y créer un espace ombragé et l’entrée de la CaixaForum. Ils expliquent : « La masse lourde de l’ancien bâtiment est détachée du sol au mépris apparent des lois de la gravité, créant un vide qui invite les visiteurs à entrer. » Par la même occasion, ils démolissent la station essence, afin de dégager une petite place de 650 m² directement sur le Paseo de la Reforma. La CaixaForum en plus de ses deux galeries avec un total de 1 720 m² de surface d’exposition compte un auditorium de 333 places situé en sous-sol, en dessous du bâtiment. Un site prestigieux mais exigu et des façades classées ont permis aux architectes de montrer l’étendue de leur inventivité, créant une vraie surprise structurelle en même temps qu’un nouveau lieu d’art à quelques pas du musée du Prado.

Une autre institution culturelle, située partiellement dans un couvent du XIIIe siècle, est le Musée Unterlinden, à Colmar en France, où Herzog & de Meuron s’est chargé d’une rénovation et extension (2012-2015). Une nouvelle structure pour des collections de l’art du XXe siècle et des expositions temporaires, baptisée l’Ackerhof est reliée à l’ancien musée par une galerie souterraine. Une petite structure neuve à l’emplacement et dans la volumétrie d’un vieux moulin marque la présence du musée sur une place publique. Les architectes déclarent : « Nous étions à la recherche d’une configuration urbaine et d’un langage architectural qui siérait à la vieille ville, mais qui à l’examen plus approfondi apparaîtrait comme étant contemporain. » Les architectes se sont servis de briques irrégulières pour l’Ackerhof ou les murs d’enceinte, créant ainsi un dialogue avec les façades en pierre du couvent.

La Fondation Giangiacomo Feltrinelli à Milan est un centre de recherche et de documentation sur l’histoire, la politique, l’économie et les sciences sociales. Herzog & de Meuron s’est vu confier l’installation de la Fondation et ses espaces administratifs au nord de Milan à la Porta Volta, ainsi que presque 13 000 m² d’espaces publics. Ce projet (2013-2016) occupe un site défini à l’origine par les murs défensifs du XVIe siècle (Mura Spagnole), et marqué par la destruction de la Deuxième Guerre mondiale dans ce secteur. Deux structures, l’une pour la Fondation et l’autre pour les bureaux sont séparés par un passage étroit. Selon les architectes, « les nouveaux bâtiments s’inspirent de la simplicité et de la générosité de l’architecture historique de Milan, à l’exemple de l’Ospedale Maggiore, la Rotonda della Besana, Lazaretto et le Castello Forzesco ». L’influence de l’architecture rurale de la Lombardie, ou du travail d’Aldo Rossi entre aussi en ligne de compte. Ici, comme ailleurs, les architectes arrivent à créer des bâtiments très contemporains tout en respectant le passé – ici exprimé en partie avec les toits en pente, qui se fondent dans les murs en acier et en verre des édifices.

Si leurs réalisations en Europe sont toujours nombreuses, Herzog & de Meuron a aussi terminé de nombreux projets aux États-Unis, tels une extension du Walker Art Center (Minneapolis, 1999-2002), ou plus récemment le Perez Art Museum (Miami, 2006-2010). Ce qui restera à bien des égards l’une des œuvres les plus visibles des Bâlois vient d’être inaugurée à New York. 56 Leonard Street (2006-2016) se détache très nettement de son environnement urbain dans le quartier de Tribeca, au sud de Canal Street. Haute de 243 mètres, la tour compte 57 étages d’appartements. Le but avoué des architectes n’est rien d’autre que d’aller à l’encontre de la tendance très marquée des tours d’habitation qui se ressemblent entre elles, mais aussi d’étage en étage. Malgré la taille du bâtiment, ils ambitionnent d’en faire une collection d’espaces individuels, comme si chaque appartement formait une maison distincte (« Houses in the Sky »). L’empilement de ces appartements uniques s’opère par voie de variations d’angles ou de porte-à-faux qui flirtent avec les limites des règles d’urbanisme en vigueur à Manhattan et des possibilités techniques de la construction. Les dalles en béton formant les étages restent bien visibles, un peu comme Herzog & de Meuron avait démarré leur carrière avec l’Entrepôt Ricola, la structure et donc la méthode de construction restent lisibles. Conçus comme autant d’accumulations de pixels, selon les architectes, les appartements ont pris forme, de l’intérieur à l’extérieur, étage par étage. Cette différenciation pixélisée relie par ailleurs l’ensemble du bâtiment à son quartier constitué d’un nombre considérable de types d’architectures différentes. Les nombreuses terrasses et balcons sont conçus aussi pour éviter toute vue directe d’un appartement à l’autre. Le haut de la tour est occupé par pas moins de dix grands « penthouses » luxueux. Dans l’ensemble du bâtiment, seuls cinq appartements sur 145 sont identiques. Au cœur d’une ville faite de tours, Herzog & de Meuron réussit à innover.

Grand Stade de Pékin. Surnommé le « Nid d’oiseau » le Stade national construit pour les Jeux Olympiques de 2008 exhibe sa structure complexe, que les architectes comparent à une « forêt artificielle ».
Grand Stade de Pékin. Surnommé le « Nid d’oiseau » le Stade national construit pour les Jeux Olympiques de 2008 exhibe sa structure complexe, que les architectes comparent à une « forêt artificielle ». © Stockphoto / PhotoTalk
1 / 4
Grand Stade de Pékin. Les escaliers ou encore les éléments de la structure donnent à cet espace intérieur un air « piranésien » selon Herzog & de Meuron. Les angles mais aussi les luminaires confèrent aussi un aspect sculptural à l’ouvrage.
Grand Stade de Pékin. Les escaliers ou encore les éléments de la structure donnent à cet espace intérieur un air « piranésien » selon Herzog & de Meuron. Les angles mais aussi les luminaires confèrent aussi un aspect sculptural à l’ouvrage. © Courtesy Herzog & de Meuron
2 / 4
Stade de Bordeaux. Dans cette vue aérienne, le stade apparaît à proximité de Bordeaux-Lac, sur la rive gauche de la Garonne au nord de la ville. L’architecture projette sous tous les angles une impression de clarté et de transparence.
Stade de Bordeaux. Dans cette vue aérienne, le stade apparaît à proximité de Bordeaux-Lac, sur la rive gauche de la Garonne au nord de la ville. L’architecture projette sous tous les angles une impression de clarté et de transparence. © Courtesy Herzog & de Meuron
3 / 4
Feltrinelli Porta Volta, Milan. Conçue pour la Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, la structure s’adapte entièrement à son site historique, et s’inspire de par ses volumes de monuments tels que l’Ospedale Maggiore, la Rotonda della Besana, et le Castello Sforzesco, selon les architectes.
Feltrinelli Porta Volta, Milan. Conçue pour la Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, la structure s’adapte entièrement à son site historique, et s’inspire de par ses volumes de monuments tels que l’Ospedale Maggiore, la Rotonda della Besana, et le Castello Sforzesco, selon les architectes. © Courtesy Herzog & de Meuron
4 / 4

Ces quelques projets ne donnent qu’un aperçu très incomplet de l’activité de Herzog et de Meuron depuis 1978, mais offrent néanmoins une idée de l’envergure et de l’étendue de leur travail. L’innovation est partout présente, aussi bien sur le plan structurel (Grand Stade de Pékin, 56 Leonard Street), que sur le plan du rapport étroit entre un quartier existant et une nouvelle réalisation (CaixaForum, Fondation Feltrinelli, etc.). Dans un temps maintenant dépassé, les critiques se targuaient de pouvoir donner des noms à des styles d’architecture, tel feu le post-modernisme. L’architecture d’aujourd’hui est de toute évidence beaucoup plus fluide, moins assujettie que dans le passé à des diktats de la mode. L’agence Herzog & de Meuron est aussi passée à une vision réellement contemporaine de l’histoire de l’architecture – utilisant ce qui existe à leur avantage, sans en faire un pastiche. L’art martial de l’aïkido, cité par les architectes dans le contexte de la Tate Modern porte un enseignement qu’ils ont manifestement pris à cœur. En japonais, ai peut signifier « concorder » ou « harmonie » ; ki est l’énergie ; et do veut dire « la voie ». Selon une traduction, aïkido signifie « la voie de la concordance des énergies ». Chaque projet de l’agence, qui crée une harmonie entre une fonction, un lieu et une histoire, peut en effet s’analyser sous cette lumière.

Footnotes

Rubriques
Art & Architecture

Continuer votre lecture