N° 151 - Automne 2026

Le monde du silence

Le Kunsthaus de Zurich consacre la première rétrospective muséale en Suisse à Vilhelm Hammershøi, le peintre danois des intérieurs intimistes.

« Intérieur de l’église Santo Stefano Rotondo, Rome », 1902.
x
(Kunstmuseum Brandts / Pernille Klemp)
« Intérieur de l’église Santo Stefano Rotondo, Rome », 1902.

Il y a un peu d’Edward Hopper dans les œuvres de Vilhelm Hammershoi. Même perspectives sur des espaces vides, même intensité des personnages solitaires, le regard plongé dans le néant, mêmes scènes énigmatiques dans lesquelles on devine, dans ces galeries de portes, de fenêtres et de femmes représentées de dos, un message caché.

« Portes ouvertes », 1905.
x
(Kunstmuseum Brandts / Pernille Klemp)
« Portes ouvertes », 1905.

Si ce n’est que vingt ans séparent le peintre américain (né en 1882) et le Danois de  1864. Deux décennies qui font aussi que Vilhelm Hammershoi a surtout dialogué avec les courants internationaux de son époque, tout en développant un langage pictural singulier qu’il exprime avec une palette limitée aux tons gris, bruns et blancs.

« Les hautes fenêtres », 1913.
x
(Anders Sune Berg / Cecilia Heisser / Nationalmuseum)
« Les hautes fenêtres », 1913.

Proche de James Whistler, artiste américain lié aux impressionnistes et aux symbolistes, à qui Hammershoi emprunta l’épure formelle en citant littéralement certains de ses plus célèbres tableaux – Arrangement en gris et noir n°1La mère de l’artiste –, il entretient un rapport particulier avec la musique.

« Intérieur avec une femme lisant », 1911.
x
(Anders Sune Berg / Cecilia Heisser / Nationalmuseum)
« Intérieur avec une femme lisant », 1911.

C’est ce que montre la première exposition muséale en Suisse consacrée au peintre de Copenhague par le Kunsthaus de Zurich.

« Intérieur avec la femme de l’artiste, vue de dos », 1901.
x
(DR)
« Intérieur avec la femme de l’artiste, vue de dos », 1901.

La présence d’un piano, d’un violoncelle dans ces images au calme absolu pourrait ainsi apparaître comme paradoxale. De la même manière que le silence qui suit une symphonie de Mozart est encore de Mozart, les instruments au repos racontent ce qui précède, ou succède, au concert. Et sollicitent l’écoute intérieure du visiteur.

« Intérieur avec femme au piano, Strandgade 30 », 1901.
x
(Bruno Lopes)
« Intérieur avec femme au piano, Strandgade 30 », 1901.

Footnotes

Rubriques
Art

Continuer votre lecture