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L’île de la vengeance

Montecristo, ce n’est pas seulement une île : c’est un état d’esprit. Un bloc de granit posé sur la mer Tyrrhénienne, sauvage, presque fermé au monde, et pourtant ouvert en grand dans notre imaginaire collectif.

On la cherche autant avec les yeux que dans sa bibliothèque. Car Montecristo est l’un de ces rares lieux où la géographie a été augmentée par la littérature, au point que le mythe, parfois, semble plus réel que ses criques.

C’est bien entendu à Alexandre Dumas que l’île doit sa célébrité mondiale. Dans Le Comte de Monte-Cristo, écrit en 1844, l’auteur des Trois Mousquetaires transforme ce morceau de roche en théâtre de la métamorphose. Son héros, Edmond Dantès, n’y trouve pas qu’un trésor, il s’y forge sa nouvelle identité et les moyens de se venger de ceux qui l’ont trahi.

L’île de la vengeance.
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(DR)
L’île de la vengeance.

Avec sa silhouette dramatique qui servit jadis de colonie pénitentiaire, sa mer d’un bleu insolent et sa réputation romantique, Montecristo aurait tout pour devenir une destination choisie. Sauf que l’île fait précisément l’inverse de ce que veut notre époque instagrammable : elle se protège. Réserve naturelle biogénétique accessible aux seuls scientifiques, gardée par quelques employés et dénuée d’infrastructures pour adoucir l’expérience, Montecristo se cache jalousement du monde. L’île nous rappelle, en cela, qu’un paysage peut être une intrigue et qu’un horizon peut servir de miroir. Et que le trésor de Montecristo, ce n’est pas seulement l’or des Spada que découvre Edmond Dantès, c’est le fait que depuis presque 300 ans, elle ne cesse de nourrir les imaginaires.

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