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Les îles flottantes

À première vue, c’est un décor de rêve composé de roseaux dorés, de soleil montant très haut dans le ciel immaculé et de lumière qui fait briller l’eau comme du métal poli.

Mais les îles des Uros, situées sur la rive péruvienne du lac Titicaca, ne proviennent pas d’une action géologique ; elles sont le fruit de l’invention du peuple qui donna son nom à ces terres flottantes. Contrairement aux îles classiques, celles-ci ne sont pas ancrées dans le relief du lac. Sur l’archipel, qui compte entre 60 et 120 îlots, tout, le mobilier, les habitations et les embarcations, est fabriqué à partir de totora, ce roseau local des zones peu profondes, qui, empilé par couches comme un grand millefeuille végétal, devient un matériau. La totora se décomposant, les Uros doivent donc constamment entretenir les plateformes sur lesquelles ils vivent. Dans nos villes la pierre et le béton ont fixé l’urbanisme, tandis que sur les îles des Uros, l’impermanence se vit au jour le jour et s’organise.

Les îles flottantes.
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(DR)
Les îles flottantes.

Même l’idée de territoire se fait plus fluide : les « radeaux » sont traditionnellement amarrés, mais leur logique technique raconte aussi une époque où pouvoir bouger, se protéger et se mettre à distance, faisait partie de la stratégie de survie.

Situé à un peu plus de 3’800 mètres d’altitude, Titicaca est souvent présenté comme l’un des plus hauts grands lacs du monde, une mer intérieure posée sur l’Altiplano. Comme tout ce qui est précieux, il est fragile. Baisse des niveaux de l’eau, pressions climatiques, pollution et ruissellements urbains affectent son écosystème et, avec lui, ses modes de vie lacustres. Aujourd’hui, les descendants des Uros, devenus Aymaras, utilisent et entretiennent les anciennes îles flottantes, mais en les adaptant au tourisme moderne, en proposant des séjours en bungalows et même sur de gros catamarans, également fabriqués en totora.

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