N° 151 - Automne 2026

L’aéroport organique

Vu du ciel, le nouvel aéroport de Pékin évoque une étoile de mer, une fleur à six pétales ou une créature échappée d’un film de science-fiction.

Inauguré en septembre 2019, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale chinoise, Beijing Daxing New International Airport a été conçu pour désengorger l’aéroport historique de Pékin et incarner les ambitions aéronautiques d’un pays devenu l’un des principaux marchés mondiaux du transport aérien.

Dernière œuvre monument ale imaginée par Zaha Hadid avant sa disparition en 2016, le terminal a été développé par son agence avec ADPI et le Beijing Institute of Architectural Design. À la démesure habituelle des grands projets chinois – la surface de l’aéroport est de 700’000 mètres carrés –l’architecte oppose une organisation étonnamment lisible. Cinq longues branches rayonnent autour d’un vaste hall central, réduisant les distances entre l’enregistrement et les portes d’embarquement.

Beijing Daxing New International Airport
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(DR)
Beijing Daxing New International Airport

JARDINS INTÉRIEURS

Sous l’immense toiture dorée, percée de puits de lumière, les piliers se déploient comme des arbres avant de se fondre dans une succession de voûtes fluides. Rien ne semble commencer ni finir. Sols, plafonds, passerelles et balustrades participent d’un même mouvement organique, signature typique de l’architecte irako-britannique. La lumière naturelle glisse le long des surfaces blanches, tandis que les nuances de cuivre et de champagne réchauffent un décor qui aurait pu n’être que technologique. Signalétique, mobilier, commerces et dispositifs numériques sont intégrés à l’architecture plutôt que simplement déposés dans le terminal. Des jardins intérieurs inspirés des cours traditionnelles chinoises ménagent des pauses dans cette infrastructure futuriste. Sous le bâtiment, métro, trains rapides et liaisons interurbaines prolongent encore cette recherche de fluidité. Si Daxing ne possède pas la nostalgie glamour du TWA Flight Center d’Eero Saarinen, son luxe est ailleurs : dans la continuité des formes, la clarté des parcours et la transformation d’une gigantesque machine logistique en paysage intérieur.

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