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Les Grands-Marais, une prison avec vue

Le jury qui a fait appel à Mario Botta a déterminé quels bureaux d’architectes réaliseront le projet cantonal du nouvel établissement pénitentiaire des plaines de l’Orbe, dans le canton de Vaud. Réalisation prévue en 2022.

La procédure avait été lancée en juin 2020, le concours a eu lieu, le gagnant a été sélectionné parmi 49 projets anonymes. La nouvelle est tombée au début du mois de mai pour l’établissement pénitentiaire des Grands-Marais à Orbe, dans le canton de Vaud. Le bureau d’architectes Hootsmans Architectuurbureau à Amsterdam, déjà expert en matière de structure pénitentiaire, et Hildebrand Studios à Zurich* ont séduit le jury composé de l’architecte cantonal Emmanuel Ventura et de 13 membres parmi lesquels Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire, Philippe Pont, directeur général des Immeubles et du patrimoine, et rien de moins que l’architecte tessinois Mario Botta. Ce dernier ironise sur le fait que : « L’architecture est un élément complémentaire et c’est la législation qui s’occupe du fond. Même si cette configuration était ce qui pouvait se faire de mieux, l’idéal serait de ne pas avoir à construire des centres pénitentiaires ! Cet ensemble d’Orbe est conçu sur le modèle des hôpitaux à pavillon du XIXe siècle, au lieu d’avoir un seul bloc, il y en a plusieurs avec chacun sa fonction.»

 

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Pensé presque comme un locatif, le projet pénitentiaire met en avant l'importance paysage.

Le projet des Grands-Marais s’inscrit dans la Stratégie de développement des infrastructures pénitentiaires adoptée en 2014 par le Conseil d’État. Appartenant aux parcelles des actuels Établissements de la plaine de l’Orbe (EPO), ce nouveau complexe viendra renforcer les besoins structurels pour la population carcérale actuelle.

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Puisque le but de l’incarcération n’est plus la simple privation de liberté punitive mais la réinsertion après la condamnation, le projet lauréat du concours a su coordonner et composer un complexe de sept bâtiments distincts, de volume moyen, organisés autour de cours intérieures répondant à des exigences environnementales et énergétiques élevées. Une chaussée longitudinale vient créer un fil conducteur dans la réalisation urbigène dont le coût global tourne autour des 279 millions de francs. Il compte 216 places en plus pour le Pôle pénitentiaire du Nord vaudois (PPNV) dès 2026, pour atteindre à terme 410 places de détention en régime fermé.

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L'intérieur d'une cellule de la future prison Grand-Marais

Avec leurs aménagements spécifiques, les locaux seront adaptables aux différents régimes de détention. Les parties vitrées permettent l’arrivée importante, et nécessaire à la survie en cellule, de lumière naturelle. La question de l’intégration au paysage est respectée dans la mesure où les détenus ont la possibilité de garder un accès sur les cours. Presque comme un locatif qui verrait les chambres à coucher au-dessus des parties communes, les cellules sont disposées dans les étages supérieurs. Si le paysage est considéré comme important dans le processus de réhabilitation, les matériaux utilisés le sont tout autant. Le bois donne le ton au béton recyclé, pour favoriser les circuits courts et le recours à la préfabrication permettra d’économiser 30 à 40% de béton et d’acier par rapport à une construction sur site.

*Les ingénieurs zurichois Waltgalmarini AG et Amstein + Walthert AG figurent également comme associés au projet.

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