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Isaac Asimov: la loi des robots

Dans l’univers d’Isaac Asimov, le robot n’est ni un monstre ni un esclave, mais un être de raison, de logique et de silence. Il est le fruit de l’intelligence humaine, son prolon- gement et parfois son dépassement.

Là où la science-fiction aime dé- peindre des machines rebelles ou sanguinaires, l’écrivain choisit la nuance, la règle et parfois le dilemme en donnant au robot une place éthique, presque morale. Inventeur des fameuses « Trois lois de la robotique », Asimov érige ainsi comme un rempart contre le chaos. Censées protéger l’homme de la machine, ces dernières deviennent paradoxales dès lors qu’elles croisent les contradictions de l’âme humaine. Le robot devient alors le témoin rigide de nos choix incertains. Il est un outil à la conscience émergente qui n’obéit plus sans comprendre.

Dans son roman L’Homme bicente- naire, le robot Andrew Martin, en quête d’humanité, défie les limites du programme. Il sculpte, aime, souffre même, non par obligation, mais par désir. Celui d’être reconnu, non comme une machine infaillible, mais comme un être imparfait et libre. Andrew Martin devient le symbole d’un questionnement profond : qu’est-ce qui fait de nous des humains? Le sang ou la pensée ? La chair ou la volonté ? Asimov, à travers ses robots, ne parle pas tant de technologie que de nous-mêmes. Il explore cette zone floue où la mécanique frôle la métaphysique. Et dans les circuits froids de ses créatures, il insuffle la chaleur d’une interrogation millénaire : l’homme est-il maître de ses créations, ou bien ses créations finiront-elles par le révéler à lui-même ?  

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