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À Bâle, la révolution Cézanne

La Fondation Beyeler consacre son premier accrochage de l’année au peintre qui bouleversa l’art moderne depuis son atelier d’Aix-en-Provence. Une exposition événement, qui présente 80 œuvres majeures venues de partout dans le monde.

La Fondation Beyeler de Bâle aime Monet. Elle le vénère même. Au point que Renzo Piano, l’architecte des lieux, avait imaginé dans son projet une pièce d’eau baignée de nénuphars pour prolonger, à l’extérieur, la salle où est exposée la toile Le bassin aux nymphéas, triptyque spectaculaire de trois mètres de long, l’une des dernières peintes par le maître de l’impressionnisme.
Monet ayant déjà eu droit à de nombreuses ex-positions entre ses murs, la Fondation consacre son premier accrochage de l’année à celui qui va pousser un cran plus loin la déconstruction du réel. Moins atmosphérique, plus concentré sur la couleur et les effets de la lumière sur les perspectives des mas et les paysages dorés par le soleil de Provence, Paul Cézanne va ainsi lentement amener la peinture vers une simplification des formes. Quatre-vingts œuvres prêtées par les plus importants musées du monde et des collections privées attestent de la puissance novatrice de cet artiste ayant fui Paris et ses mondanités pour révolutionner la peinture moderne depuis son atelier d’Aix-en-Provence, sa ville natale, où il mourut en 1906, vingt ans avant Monet, son exact contemporain.
C’est aussi la première fois dans son histoire que la Fondation déploie l’œuvre de Cézanne à une telle échelle. L’exposition se concentre sur la dernière et la plus significative des périodes de création du peintre, alors au sommet de son art. Le visiteur y retrouve les portraits énigmatiques, les scènes paradisiaques de baigneuses, les pommes des natures mortes et les vues de l’estaque. Sans oublier l’incontournable montagne Sainte-Victoire, motif récurrent dans l’œuvre de l’artiste, qu’il va inlassablement représenter sous tous les angles.
Les impressionnistes avaient ouvert la voie à une nouvelle manière de représenter le monde. Cézanne va élargir la route. Sans lui, pas d’avant-garde russe ni de Malevitch. Pas de Picasso ni de cubisme. Picasso, justement, à qui on demandait un mot sur l’artiste et qui répondit : « Notre père à tous. » 

Cézanne, Fondation Beyeler, jusqu’au 25 mai 2026, fondationbeyeler.ch

(Dominic Büttner )
« La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves », 1902-1906.
1 / 9
(National Gallery of Art, Washington D. C., Collection Mr. and Mrs. Paul Mellon, 1985)
« La route tournante (Matinée de printemps à Saint-Antonin) », 1900-1906.
2 / 9
(Anders Sune Berg)
Groupe de baigneuses », vers 1895.
3 / 9
(DR)
« Vue sur l’Estaque et le Château d’If », 1883-1885.
4 / 9
(Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Patrice Schmidt)
« Les joueurs de cartes », 1893-1896.
5 / 9
(DR)
« Assiette de pêches », 1895-1899.
6 / 9
(GrandPalaisRMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski)
« Pommes et oranges », vers 1899.
7 / 9
(Christie’s Images / Bridgeman Images)
« La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves », vers 1904.
8 / 9
(Philadelphia Museum of Art, The Mr. and Mrs. Carroll S. Tyson, Jr., Collection, 1963)
« La pierre à moudre au parc de Château Noir (La meule) », 1892-1894.
9 / 9

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