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Un hôtel sur le toit

Dans la famille des fausses réhabi- litations, je demande Maison Heler à Metz. L’hôtel néogothique surgit comme une apparition presque surréaliste, posée au sommet d’un immeuble brutaliste qu’on jurerait des années 70. Sauf que ce fantasme de Moselle romantique ouvert en 2025 a été construit en même temps que le bâtiment de béton avec lequel il s’unit. Ce drôle de pastiche patrimonial a été imaginé par Philippe Starck dans un geste architectural complètement assumé, qui transforme l’objet en véritable récit parlant de racines et d’élévation, d’intimité et de monumentalité.
L’intérieur prolonge cette impression poétique. Le visiteur entre dans un monde où le designer orchestre avec précision un langage de matières douces, de nuances minérales, de détails décalés qui révèlent sa signature. Les circulations verticales, enveloppées de lumière diffuse, mènent vers les étages supérieurs comme dans une ascension vers une autre dimension.

À mesure que le visiteur monte, la ville se détache, le silence se densifie, jusqu’à la transition vers l’espace plus domestique, presque secret, du restaurant abrité dans le manoir offrant un contraste saisissant avec les chambres situées dans le socle austère de l’établissement. La sensation est étrange et délicieuse de se tenir dans un lieu à la fois réel et imaginaire. Les fenêtres encadrent la ville avec des perspectives presque picturales ; la lumière, changeante, glisse sur les creux et les reliefs du décor comme dans un tableau atmosphérique. Maison Heler ne cherche pas à se fondre dans le paysage : il le réinvente. Le projet de Philippe Starck transforme l’hôtel en expérience narrative nourrie par une architecture émotionnelle. Et offre à Metz un nouvel horizon.  

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